La Guerre des étoiles ou Star Wars (en version originale[2]), est une épopée cinématographique de science-fiction créée par George Lucas, emblématique d'un genre que l'on nomme space opera, constituée de six longs-métrages réalisés entre 1977 et 2005.
La saga est prévue à la base pour être une triple trilogie, soit neuf films. Mais Georges Lucas choisit de commencer par réaliser le quatrième épisode, plus à la portée des moyens de l'époque en effets spéciaux, et plus susceptible d'intéresser le public au reste de la saga. L'Épisode IV : Un nouvel espoir sort en 1977 (en fait, le roman adapté du film est sorti en 1976 ; ce roman comporte quelques différences et informations supplémentaires contraires à ce que montrent les suites). Les deux autres épisodes de cette trilogie sont réalisés peu après, mais avec une fin n'appelant pas à de suite. Ce n'est qu'en 1999 que sort l'épisode premier selon l'ordre chronologique de la narration mais quatrième film à sortir sur les six qui seront produits au total.
La série connut un succès phénoménal partout dans le monde et engendra une très importante communauté de fans. Pour expliquer ce succès malgré le manque de moyens (le budget était relativement modeste, les acteurs presque inconnus), les facteurs suivants sont souvent avancés :
Le succès de la saga permit à George Lucas de se bâtir un empire financier : Lucasfilm, sa société de production, a pu réunir les moyens financiers suffisants pour produire des films à gros budgets, Industrial Light & Magic (ILM), son entreprise d'effets spéciaux, a perfectionné de manière notable les techniques en matière d'effets visuels, et Lucas a même fait construire un studio d'enregistrement pour les bandes son en 1987, le Skywalker Sound, (auquel on doit la fameuse certification THX) dans son ranch (le Skywalker Ranch). Il garde une maîtrise totale sur l'utilisation des personnages de ses films et sur les produits dérivés (à titre d'anecdote, la traduction française du jeu de rôle Star Wars fut retraduite en anglais pour vérifier que l'esprit n'avait pas été trahi, un procédé déjà utilisé, mais à l'inverse, pour les traductions d’Astérix).
Les films de la trilogie originale ont été plusieurs fois modifiés, avec une nouvelle sortie en vidéo, et une version encore différente en DVD, utilisant parfois des éléments de la prélogie (le spectre d'Anakin Skywalker à la fin du Retour du Jedi est remplacé par une version impliquant l'acteur jouant Anakin Skywalker dans la prélogie). Ces modifications provoquent d'incessantes polémiques parmi les fans, la plus importante ayant donné naissance au slogan « Han shot first ». En France, le nom du premier de ces films a également été changé afin de respecter la nouvelle nomenclature imposée par les épisodes tournés plus récemment : la Guerre des étoiles est devenu Star Wars : épisode IV - Un nouvel espoir.
Sommaire[masquer]
|
L'univers de la Guerre des étoiles est un savant mélange de Rome antique, de mythologie et de haute-technologie. On y retrouve également certains clins d'œil à la mythologie japonaise à l'époque des samouraïs (Voir le casque de Dark Vador).
L'action se déroule il y a très longtemps dans une galaxie lointaine et est le théâtre d'un affrontement incessant entre le Bien et le Mal. Le Bien est défendu par l’Ordre Jedi, une caste de sages-guerriers aux nombreux pouvoirs psychiques (télékinésie, prescience…) qu'ils tirent de ce qu'ils nomment la Force. Mais celle-ci participe d'une dualité présentant un Côté Clair (ou lumineux), utilisé par les Jedi, et un Côté Obscur.
Les tenants du côté obscur sont les Jedi noirs, dont notamment les Seigneurs des Sith, appelés ainsi car, il y a très longtemps, ils avaient à leur service le peuple Sith. La colère, la haine, la peur peuvent mener les Jedi vers le côté obscur de la Force s'ils ne sont pas capables de dominer ces pulsions.
La galaxie qui constitue l'univers de la Guerre des étoiles est constituée de nombreux peuples.
La race humaine est globalement la plus répandue : la majorité des colons présents sur Tatooine sont humains ; sur d'autres mondes comme Naboo, Corellia ou encore Alderan, les humains constituent l'espèce dominante ; les clones (ou stormtrooper) constituant l'armée de la République puis celle de l'Empire, ont été créés par millions sur un modèle humain (Jango Fett).
Dans la première édition de la trilogie, non-remasterisée, la limitation des effets spéciaux imposait d'avoir des races extraterrestres principalement humanoïdes, avec des costumes facilement réalisables. Lors de la sortie de la trilogie en 1997, ont été ajoutés par ordinateur beaucoup d'autres personnages non-humanoïdes, principalement sur des plans larges.
Parmi les espèces jouant un rôle important dans les films, on trouve :
Aussi, il existe de nombreuses races humanoïdes qui peuvent ne différer de la race purement humaine que par la couleur de la peau, celle des yeux, ou d'autres caractères morphologiques qui n'en font pas des êtres fondamentalement différents des humains (exemple : les Chiss ou les Anzati). Enfin, dans une certaine mesure, les droïdes, des robots intelligents, peuvent être considérés dans l'univers comme des peuples à part entière. Il y en a une infinie variété.
Il y a aussi d'autres espèces moins connues comme les Selkaths sur Manaan, les Hutts qui constituent l'empire du crime (ils sont surtout sur Nal Hutta qui signifie joyaux de gloire en Hutt), les Twi'Leks sur Ryloth...
Certains êtres ou droïdes sont présents en exemplaire unique, sans que l'on sache quoi que ce soit sur leur peuple (du moins si l'on se restreint aux films) ; c'est le cas, par exemple, du biodroïde Kaleesh Grievous, démoniaque général affilié à la Confédération des Systèmes Indépendants. Bien qu'étant un cyborg, il n'accepte pas le nom de droïde et c'est pour cela qu'il n'aime pas particulièrement les membres de la Fédération du commerce.
C'est également le cas de Yoda, le plus grand et le plus sage des maîtres Jedi. L'origine de son espèce est inconnue, et l'on aperçoit seulement une fois un être de cette même espèce, Yaddle, également maître Jedi. On peut en déduire que c'est une espèce particulièrement réceptive à la Force.
Voir article détaillé Espèces de la Guerre des Étoiles.
Le titre original de la saga est Star Wars ; certains estiment que la traduction littérale est Guerres des étoiles ou même Guerres de l'étoile ; Star peut également être interprété comme un adjectif, ce qui donne Les Guerres stellaires (d'ailleurs les Star Destroyers de l'histoire sont traduits destroyers stellaires en V.F. ; quoiqu'il existe des variantes de traduction, comme croiseurs interstellaires ou superdestroyers — voir plus bas). Le titre français n'est donc pas une traduction littérale, mais dans d'autres langues la traduction est encore plus éloignée (en espagnol, il a été traduit par La Guerra de las galaxias c'est-à-dire La Guerre des galaxies)[4].
De la même manière, la sous-saga Clone Wars s'appelle en français La Guerre des clones (on pourrait traduire littéralement Les Guerres des clones) et dans l'épisode IV le terme Clone Wars a été traduit par La Guerre noire (Note: Le nom "Guerre des clones", ne fut utilisé qu'une seule fois à la fin de l'épisode II, par Yoda lorsqu'il s'entretient avec Obi-wan quand celui-ci pense que tout est fini : "non, De commencer la guerre des clones vient" (reprend Yoda) ; il est probable que le nom "Guerre noire" fut inventé a l'époque par les traducteurs français).[réf. nécessaire]
Le titre « La Guerre des étoiles » fut utilisé en France, y compris pour certains produits dérivés (les premières éditions des premiers romans de l'univers étendu emploient ce titre[5]). Mais à partir de la sortie de « l'édition spéciale » de la trilogie originale (en 1997), l'utilisation de « Star Wars » devint la règle y compris en France. L'expression « La Guerre des étoiles » désigne alors surtout le premier film, et non la saga entière.
La traduction des noms posa souvent problème. Le premier film proposa certaines modifications (Chewbacca en Chiktabbak, son diminutif devenant Chico) qui furent abandonnées dès le deuxième film. Dans le générique de fin de la version VHS française de 1977 d’Un nouvel espoir, on peut remarquer que Mark Hamill alias Luke Skywalker, est crédité Luc Courleciel. D'autres noms furent utilisés dans la traduction de toute la trilogie, mais abandonnés lors de la traduction de la prélogie (R2-D2 en D2-R2, C-3PO en Z-6PO). Les romans de l'univers étendu sont divisés : la plupart emploient les noms originaux des robots, mais très peu utilisent le nom original Han Solo au lieu de Yan Solo. La traduction du livre La Guerre de l'essaim emploie les noms C-3PO et Z-6PO dans le même chapitre. Dans la version française, Darth Vader fut remplacé par Dark Vador. Le remplacement de Darth par Dark a ensuite été étendu à tous les Sith, l'ordre dont fait partie Vador. Le sens de Darth n'a jamais été précisé.
La traduction des noms de vaisseaux pose les mêmes problèmes : la version traduite de la Croisade noire du Jedi fou traduit « Star destroyer » par « superdestroyer » pour désigner des destroyers stellaires longs de moins de deux kilomètres, alors que ce terme est habituellement réservé aux vaisseaux de plus de cinq kilomètres (« Super Star Destroyer » en version originale). Le vaisseau de Solo, en version originale « Millenium Falcon », fut appelé « Millenium Condor », « Faucon Millenium » et « Faucon Millénaire ».
Le sabre laser, ou sabrolaser, s'appelait dans la version originale « lightsaber ». Le roman « Young Jedi Knights: Lightsabers » s'appelle en français « Les Jeunes Chevaliers Jedi : les sabres de lumière ». Le nom français ne doit d'ailleurs pas être interprété comme une description techniquement exacte de l'arme : la lame n'est pas nécessairement un laser, et sa nature exacte est inconnue. Les erreurs de traduction sont allées jusqu'à traduire « lightsaber » par « vibro-lame », ce qui est pourtant une arme très différente dans l'univers de Star Wars[6].
Les premiers films de la saga qui furent réalisés étaient d'emblée numérotés épisodes IV, V et VI, le projet ayant toujours été de réaliser une trilogie décrivant l'avènement de l'Empire. Ces trois films constituent donc la trilogie originale. Les épisodes numérotés I, II et III ont été réalisés bien plus tard (l'utilisation des expressions « première trilogie » et « deuxième trilogie » est donc assez confuse quant à savoir si on parle de l'ordre chronologique de réalisation ou de l'histoire). Ils sont appelés en anglais la Prequel trilogy, trilogie préquelle. Les fans français ont inventé le néologisme prélogie pour les désigner. Enfin, le projet original prévoyait également une troisième trilogie, mais au sens strict, ce projet a été avorté. Les trilogies sont ici présentées dans l'ordre chronologique d'un point de vue interne à l'univers.
Initialement, George Lucas avait prévu trois trilogies (neuf films) mais finalement, il a renoncé à écrire une suite : l'histoire prévue pour l'épisode VI telle qu'elle aurait dû être pour permettre une suite est très différente de celle qui fut finalement réalisée[8], ce qui signifie qu'à la sortie de l'épisode VI, la troisième trilogie était déjà annulée.
Le site officiel s'explique ainsi : « À une période, il fut question que George ait besoin de neuf films pour raconter l'histoire de la famille Skywalker. Mais ayant travaillé davantage le déroulement de l'histoire, il s'est rendu compte depuis bien longtemps que l'histoire qu'il souhaitait partager pouvait tenir en six films de deux heures. Le mythe de la saga aux neuf épisodes, en revanche, refuse de mourir… et il semble clair qu'il ne mourra jamais. Mais George affirme que l'histoire sera complète avec six films, constituant une seule saga. Il avoue même n'avoir rien d'autre à raconter au-delà de la destruction de la seconde Étoile de la Mort. »
De nombreuses rumeurs présentèrent des scénarios possibles pour la troisième trilogie[8]. Il y eut également une certaine confusion lors de la création de l'univers étendu de la Guerre des étoiles : la trilogie de romans de Timothy Zahn, La Croisade noire du Jedi fou, fut le premier média qui raconta l'histoire de la saga après l'épisode VI. Elle fut donc interprétée par certains comme étant la fameuse troisième trilogie, d'autant que certains éditeurs entretinrent la confusion (les éditions Pocket numérotaient les novélisations de la trilogie originale de 1 à 3 et la trilogie de Timothy Zahn de 4 à 6[9]).
On retrouve dans les six films de la saga des éléments communs :
Les épisodes IV, V, et VI ont été filmés principalement aux studios d'Elstree, à Hertfordshire, en Angleterre. Les temples Mayas de Tikal, au Guatemala, servirent de décor à la Base Rebelle sur Yavin IV, dans l'épisode IV tandis que certaines scènes de cet épisode furent filmées au Parc national de la Vallée de la mort. Les scènes d'extérieur sur la planète de glace Hoth dans l'épisode V furent filmés à Finse, en Norvège. Enfin, les scènes sur la lune d'Endor, pour l'épisode VI, ont été tournées dans le parc d'État de Humboldt Redwoods, dans le Comté de Humboldt, en Californie.
L'épisode I fut filmé aux Leavesden Film Studios alors que les épisodes suivants le furent à Sydney, en Australie. Une scène de l'épisode II a été tournée à Séville, en Espagne[10]. Dans ces deux épisodes, le palais italien de Caserta servit de décor au palais de Theed sur Naboo ; d'autres scènes censées se dérouler sur cette planète furent tournées au lac Como, en Italie également.
Enfin, les scènes qui se déroulent sur la planète Tatooine ont été filmées près de l'île de Djerba, en Tunisie, à Tataouine (ce qui explique le nom de cette planète fictive, « Tatooine »), pour presque tous les films. Les scènes présentant la maison de l'oncle Owen, ont été filmées au village troglodyte de Matmata, toujours en Tunisie, une partie des décors a été préservée et est visitable dans ce village du sud tunisien. Pour l'épisode VI, les dunes de sable du désert de Yuma, en Arizona, servirent de lieu de tournage alors que cette planète n'apparaît pas dans l'épisode V.
À la fois la trilogie originale et la prélogie ont demandé dix années[11] de travail (respectivement 1973 - 1983 et 1995 - 2005), la production de chaque film durant en moyenne trois ans.
On remarquera que le paysage d'Alderaan dans l'épisode III est directement tiré de clichés de l'Oberland bernois en Suisse. Cependant, aucune scène n'a été tournée dans ce pays, si ce n'est les vues des lacs de Naboo prises au lac de Come, en Italie, non loin de la frontière helvétique.
Italie, Australie, Tunisie, Espagne, États-Unis, Norvège, Guatemala et Angleterre. canaries
L'univers de Star Wars a fait l'objet de plusieurs adaptations en animation.
Ewoks raconte les aventures de Wicket et de sa tribu dans les forêts d'Endor, remplies de créatures étranges, et de magie. Tout cela se situant quelques années avant les événements du Retour du Jedi. Il y a peu de lien avec les films et l'univers originel de Star Wars, la série est plutôt destinée aux jeunes enfants.
Divisé en 3 cycles, plus un épisode d'une heure, Star Wars: Droids raconte les aventures de R2D2 et C3PO, et de leurs différents propriétaires, 15 ans avant qu'ils ne rencontrent Luke Skywalker, alors que l'Empire étend sa domination et que l'Alliance Rebelle commence à s'organiser.
Série d'animation traditionnelle, réalisée par Genndy Tartakovsky.
Les épisodes ont été par la suite montés ensemble et se présentent sous la forme de 2 épisodes d'une heure chacun, l'un contenant les saisons 1 et 2, l'autre l'intégralité de la saison 3.
Clone Wars relate les évènements se déroulant entre les épisodes II et III. La première partie se déroule juste après L'Attaque des Clones (Anakin Skywalker et Obi-Wan Kenobi ont gardé la même apparence) tandis que la seconde partie se passe 3 ans plus tard, juste avant le début de La Revanche des Sith. La première partie montre au spectateur divers affrontements de la Guerre des Clones et introduit de nouveaux personnages en la personne d'Asajj Ventress, une Jedi Noire prometteuse et du Général Grievous jusqu'alors inédit. Alors que ce dernier reprend son rôle dans La Revanche des Sith, Asajj Ventress n'apparaît que dans les séries relatives à la Guerre des Clones. La seconde partie influe directement sur La Revanche des Sith car elle explique la capture du Chancelier Palpatine par Grievous et se termine exactement au moment où le troisième film débute.
Deuxième série télévisée se déroulant pendant la Guerre des clones, elle est entièrement réalisée en images de synthèse.
Le pilote a été diffusé au cinéma le 27 août 2008 en France (il s'agit initialement d'épisodes spécialement montés et adaptés pour le cinéma) et il doit être suivi de plusieurs saisons de 22 épisodes chacune. En France, c'est M6/W9 qui détient les droits de diffusion. Dans cette série on retrouve les personnages de Clone Wars (Anakin, Obi-Wan, Mace Windu, Yoda, Grievous, Asajj Ventress, Dooku, ...) ainsi que de nouveaux personnages comme Ahsoka (l'apprentie d'Anakin), le commandant REX ainsi que le fils et le neveu de Jabba le Hutt. La série est à ce jour en cours de diffusion. Le graphisme du dessin animé est très différent du film, et l'histoire n'est pas la même, mais on reconnait bien les personnages.
Lucas a bâti ses deux trilogies sur des principes récurrents dans notre civilisation. La première trilogie peut être assimilée par son propos et ses nombreuses références aux peplums à une tragédie antique. Le héros Anakin Skywalker, est un héros tragique, victime de ses passions. Débordé par son amour filial, par sa révolte contre un système en faillite, mais surtout par son amour pour la belle Padmé Amidala et son arrogance, autant de passions qu'il ne sait pas maîtriser, Anakin se laisse progressivement entraîner vers le Côté Obscur, et finit par détruire tout ce pour quoi il a toujours œuvré, et tous ceux qu'il a aimés.
La seconde trilogie, au contraire, est bâtie d'une façon très académique sur le principe d'initiation, avec beaucoup de références aux westerns, aux films d'explorateurs, d'arts martiaux et certains contes de fées. Le héros, incomplet, doit aller chercher au fond de ses forces obscures, les maîtriser pour pouvoir vaincre réellement. Ainsi, après la victoire partielle de l'épisode IV, Luke part sur la planète Dagobah, un endroit perdu, où autant de symboles, tels que l'épisode crucial de la grotte, où il s'affronte véritablement lui-même (« cet endroit est l'antre du mal » lui dit Yoda, son maître), mais aussi la ressemblance avec le décor du ventre du monstre dans lequel se retrouvent ses amis au même moment nous indique qu'il effectue une introspection. L'épisode VI, Le Retour du Jedi, est étrangement calqué sur l'épisode IV, avec une autre « Étoile de la Mort ». Mais Luke a, cette fois, accompli son introspection, vaincu ses démons, ce qui lui permet de vaincre l'Empereur, non par la force, mais par le renoncement.
On peut ajouter qu'on retrouve chez Luke dans l'épisode V la même arrogance naïve que son père. Sachant ses amis en danger, et malgré les multiples mise-en-gardes de ses maîtres (Yoda et Obi-Wan), Luke se précipite dans le piège qui lui est tendu par l'empereur. Il ne fait pas confiance à ses amis, et donc il estime qu'ils ont besoin de lui alors qu'en fin de compte il ne changera rien à leur situation et aggravera la sienne. Il s'agit donc également pour Luke de renoncer à sa vanité, au sentiment de sa propre importance. En cela il devra suivre l'exemple d'Obi-Wan qui a renoncé au combat contre Vador dans l'épisode IV. Cette scène serait donc initiatique, on pourrait y voir la dernière leçon d'Obi-Wan.
Deux scènes, chacune à la fin de chaque trilogie, illustrent l'endroit et l'envers du propos. Dans la première, Anakin arrive au moment où Windu s'apprête à achever Palpatine. Cédant à sa colère, il tranche la main de son supérieur et bascule définitivement du côté obscur. Dans la seconde, Luke Skywalker, qui a renoncé à tuer son père est aux prises avec l'Empereur. Alors que celui-ci s'apprête à le détruire, Dark Vador intervient et assassine son maître, marquant la défaite du côté obscur. L'une est donc le pendant de l'autre, et elles illustrent la différence entre le destin des deux personnages. Anakin était donc bien l'élu qui devait détruire les Sith puisqu'il tue l'empereur et Vador.
On peut voir en Luke et Anakin les deux types de héros, confrontés à la même tâche. Anakin est un héros tragique, il est victime de ses passions. Luke au contraire réussit à les vaincre et devient un Jedi accompli. Ainsi, loin d'être grossièrement manichéenne, l'œuvre, centrée sur les héros, nous (ré)enseigne le principe de la dualité de l'être humain, posé par les philosophes grecs, mais présent dans tous les cercles de cultures. Chaque homme a un côté clair et un côté obscur, et celui-ci, assimilé aux passions, à l'irrationnel et à nos « forces intérieures » doit être maîtrisé et harmonisé avec le côté clair.
George Lucas s'est appuyé, pour construire la trame narrative de la trilogie originale de Star Wars, sur les idées de l'anthropologue Joseph Campbell, notamment sur sa théorie du monomythe, exposée dans le livre Le Héros aux mille visages (The Hero with a Thousand Faces)[3].